Sylvain Droit [Interview]
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[Interview du 15 Février 2006] Lire l'interview 2
             
   
             
   
             
 
 

PRESENTATION

 
     
 
J’ai 28 ans, j’habite Longjumeau dans le 91, j’ai fait Solitary à l’âge de 26 ans, ce fut ma toute première réalisation.
 
 
 
 

ORIGINE DU FILM

 
     
 
D'où t'est venue l'idée de te lancer dans la production de ce film ?
 
 
Je venais tout juste de créer une association audiovisuelle, et de recevoir la caméra, j’avais l’envie de faire un essai, un rodage pour les futurs films. L’équipe de l’association ne se connaissait pas encore. C’était l’occasion de mettre le pied à l’étrier.
 
     
 
Quelques anecdotes à nous raconter à propos de l'écriture ?
 
 
Oui une belle, j’étais tellement pressé de faire mon premier film que je réunis l’équipe technique pour programmer la date de tournage avant même d’avoir écrit le scénario. Je n’avais qu’une vague idée de ce que je voulais faire, c’était tout en désordre encore dans ma tête. Je ne pouvais expliquer que l’idée principale, mais de toute façon l’équipe tout comme moi n’étions pas motivés par l’histoire, mais plus par le fait de tourner notre premier court associatif. Cinq jours plus tard, nous tournions les premiers plans...
 
     
 
As-tu connu le syndrome de la page blanche ?
 
 
Je n’ai pas pu me permettre d’avoir ce manque d’imagination, j’étais bloqué par ma date butoir, le film s’est écrit relativement vite, le découpage technique lui a pris beaucoup plus de temps, je tenais absolument à ne pas décevoir mon équipe par mon inexpérience.
 
     
 
Ton but artistique dans ce court ?
 
 
L’envie de faire quelque chose de DIFFERENT, à cette époque je n’avais pas vu de film ressemblant à ce que j’imaginais dans ma tête. Aujourd’hui non plus.
 
 
 
 
PREPARATION DE TOURNAGE
 
     
 
Quelle a été la première étape une fois l'écriture terminée ?
 
 
Veiller à avoir une solution de secours pour chaque absence de dernière minute. Ayant participé à pas mal de tournages auparavant, j’en avais vu des réalisateurs s’arracher les cheveux à essayer de sauver le tournage parce qu’une personne au rôle primordial les avait planté. Etant le premier court associatif, je tenais à ce que cela ne parte pas n’importe comment, il en allait de ma réputation et par la même occasion celle de l’association. Alors, je m’occupais de tout doubler, comédien, moto, parking...
 
     
 
As-tu prévu un budget pour réaliser ton film ? Si oui de combien était-il ?
 
 
Le but de nos films étaient de faire quelque chose de correct avec rien, nous n’avons rien dépensé à part notre temps et notre énergie, c’est ce que j’appelle un budget 0.
 
     
 
Combien de temps a été nécessaire à la préparation en vue du tournage ?
 
 
5 très gros jours écriture comprise.
 
     
 
As-tu écrit pour des gens que tu connaissais ou as-tu fait un casting ?
 
 
J’ai écrit pour le comédien pressenti sans casting.
 
     
 
As-tu écrit librement ou en fonction des lieux et des décors disponibles ? As-tu eu recours à des autorisations de tournage ? Relate-nous un peu les contraintes s’il y’en a eu ?
 
 
J’avais repéré un parking souterrain non loin de chez moi, celui où se stationnait le comédien pressenti. Un parking bien propre, bien éclairé... Je n'ai pu obtenir d’autorisation, le gardien n’étant jamais présent lorsque je pouvais le voir. Mais j’avais une connaissance policière qui logeait là bas, je me suis dit que si elle était avec nous, nous serions plus ou moins autorisés.
 
 
 
 
TOURNAGE
 
     
 
Le tournage s'est il déroulé comme tu le souhaitais, si non, quels problèmes as tu rencontrés ?
 
 
La nuit N du tournage, toute l’équipe technique se retrouva chez moi, tout le monde était prêt, motivé. Il nous manquait le comédien, pas moyen de le joindre, répondeur en permanence. Le tournage commençait mal. 1h plus tard, j’attribuais le rôle principal à Christophe que j’avais prévu en comédien remplaçant. Le comédien pressenti ayant les clefs du parking, nous sommes partis dans le second garage. Arrivé là bas, je n’avais aucun repère par rapport à mon découpage, et l’éclairage était très obscur. 2h plus tard, nous avions 3h de retard sur le plan de tournage, et 70 plans à tourner. Nous avons commencé par les plans d’ensemble du parking, (les 1ers plans du film). Voyant les images au travers de mon écran, je me suis dit que les plantages nous étaient finalement bénéfiques, l’ambiance qui rodait était largement mieux adaptée à l’histoire.
 
     
 
Quelle est ta méthode de travail ? Qui fait quoi ?
 
 
J’ai la méthode du réalisateur paresseux, celui qui ne touche quasiment à rien, j’ai mes feuilles avec mon story-board, et mon planning de tournage. Et je ne fais que diriger tout le monde en fonction des plans et du jeu. Je laisse chaque technicien gérer sa partie. Chacun est maître de son poste, lorsque je demande tel éclairage à mon directeur photo, ou tel plan à mon cadreur, immédiatement après je me retrouve sous leurs ordres pour les aider à exécuter au mieux leur travail.
 
     
 
Combien de temps s'est-il écoulé entre le premier et le dernier clap ?
 
 
Il s’est déroulé 3 semaines. Sur la première nuit, arrivés vers 5h du matin, nous n’avions bouclé que 24 plans sur 70, et il nous restait encore les plus ardus à mettre en boîte. Nous avions été énormément ralenti par la photo, le plantage et mon inexpérience. L’éclairage étant tellement faible dans ce parking, nous étions obligés de rapprocher les lumières sans non plus faire de surexposition, ce n’était pas du tout facile à gérer et je trouve que Thomas s’en est extrêmement bien sorti. Nous étions aussi un vendredi soir, et nous avions du attendre régulièrement que les propriétaires de places rentrant de soirée quittent les plans naturellement sans les pousser, car nous n’avions pas a être là sans autorisation. Pour ma part, n’ayant toujours pas mes repères pour les placements, il est clair que j’ai du revoir pas mal de séquences dans la nuit pour éviter de faire des erreurs flagrantes.

La deuxième session s’est déroulée 2 semaines plus tard en après-midi. Nous nous sommes dit qu’en commençant plus tôt, on allait pouvoir boucler le film. Eh bien non, ce n’était pas les bonnes heures non plus pour travailler dans le calme. Fin de session 4h du matin, 50 plans sur 70 dans la boîte.

Troisième et dernière session, plus de courant, nous avions du alors tirer un câble provenant d’une cave pour nous alimenter sans trop prendre de puissance non plus, car en cas de disjonction, nous n’avions pas moyen d’accéder à l’armoire électrique. Ainsi les câbles étant trop courts, nous avons du déplacer nos derniers plans sur une autre partie du parking, vive les raccords !! Mais pas le choix, je n’allais pas repousser encore la fin de tournage le temps d’acheter 50 mètres de rallonge pour tourner 1 voire 2 semaines plus tard. Surtout qu’on commençait à en avoir marre, et je ne pensais pas ravoir une équipe assez complète sur une 4eme session. 4h du matin, nous tournions le dernier plan
.
 
     
 
As-tu pu filmer tout ce que tu avais écrit ou y a-t-il eu des scènes coupées ? Si oui, peux-tu nous en parler ?
 
 
J’ai pris le temps, mais j’ai tout mis en boîte.
 
     
 
Un coup d’œil sur le matériel utilisé ?
 
 
La caméra est une Sony DCR-VX2100, pas de micro, sur la première session, nous avons eu 2 manda, un mizard et 2 projos de jardin. Sur les 2 suivantes, nous n’avons pu avoir que les 2 projos de jardin. En ce qui concerne le montage, le film à bénéficié d’avid et after effect.
 
 
 
 
MONTAGE
 
     
 
Penses-tu qu'un film se construit au montage ?
 
 
Non, désolé pour les monteuses et monteurs, mais je suis de ceux qui pensent qu’un film se construit à l’écriture. Apres tout dépend du genre de film. Je peux juste dire, qu’un tournage raté peut se rattraper partiellement au montage.
 
     
 
As-tu été déçu par certains plans que tu croyais corrects lors du tournage ?
 
 
En fait oui, mais temporairement. Sur mon écran d’ordinateur le film passait tout sombre, presque illisible, mais je me suis rendu compte que c’était mon moniteur qui tombait en rade. Soulagement ! Mais le film a quand même été éclairci au montage.
 
 
 
 
AU FINAL
 
     
 
Quelle sont les étapes que tu as aimées le plus dans cette aventure ? Pourquoi ?
 
 
Le premier jour de tournage, malgré les problèmes, j’ai pris connaissance d’une équipe qui voulait passer au dessus de ça, qui ne s’est jamais découragée. Cet engagement de soi, fait toujours chaud au cœur quand on est l’initiateur du projet.
 
     
 
Si tu pouvais revenir en arrière, que modifierais-tu sur ton film ?
 
 
La préparation, j’y prendrais plus de temps de manière à mieux gérer les imprévus.
 
     
 
Penses-tu avoir atteint ton but sur ce film ?
 
 
Oui largement, lorsque j’ai entrepris ce tournage, il ne s’agissait que d’un essai, et pour moi au final nous avons fait un court de bonne qualité.
 
     
 
As-tu gagné des 'prix' avec ce film ? Si oui, lesquels ?
 
 
Le film étant jugé BIZARRE, il ne passe pas les sélections de festivals, donc il ne peut défendre ses chances nulle part. Mais je me suis assez vite découragé de le proposer, voyant son impact aux sélections.