Kevin Kergoat [Interview]
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  [Interview du 5 Avril 2006]
             
   
             
   
             
 
 

PRESENTATION

 
     
 
Je m’appelle Kevin Kergoat, 22 ans, breton vivant en Bretagne. Diplômé de l’ESRA Bretagne (Rennes) je travaille essentiellement pour l’illustration et la recherche graphique.
 
 
 
 

ORIGINE DU FILM

 
     
 
D'où t'est venue l'idée de te lancer dans la production de ce film ?
 
 
C’était un travail obligatoire pour la validation des examens de fin d’études, mais les idées principales viennent du fait que nous voulions un univers fantastique et poétique qui nous permette d’imaginer de belles images, et de belles ambiances. Nous voulions faire une animation plus proche du dessin animé que du film d’animation 3D plus "standard", l’idée est venue de faire un univers proche du manga.
 
     
 
Quelques anecdotes à nous raconter à propos de l'écriture ?
 
 
L’écriture d’un court-métrage étudiant est différente de celle d’un film professionnel. L’écriture se fait en groupe, il n’y a pas qu’un seul scénariste mais six… Nous n’avons aucune contrainte d’imagination à l’écriture puisque chaque élément visible est virtuel. Nos seules contraintes sont techniques et temporelles, il faut écrire un scénario qui rentre dans un contexte de faisabilité.
 
     
 
As-tu connu le syndrome de la page blanche ?
 
 
Il nous est arrivé de passer des heures entières à essayer de trouver le bon dialogue ou le bon ordre des évènements, mais à six, il est plutôt difficile de faire page blanche, au contraire, il faut souvent recadrer le débat pour ne pas partir dans tous les sens...
 
     
 
Ton but artistique dans ce court ?
 
 
Nous voulions être plus proches de "l’esprit" dessin-animé que du film 3D. Le but était aussi de ne pas dire de choses inutiles, mais d’utiliser le visuel pour apporter des éléments de réponse supplémentaires. Ainsi, le héros, qui est du coté de la nature, est à dominante verte, et les soldats du coté de l’industrie destructrice sont en acier or et sang. Je voulais marquer la symbolique entre le héros "lunaire" et les soldats "solaires", mais pousser le vice plus loin en utilisant des formes simples pour distinguer les deux camps au premier coup d’œil ; sans avoir à expliquer qui est qui, on devine que les personnages n’ont pas la même origine.
Même exercice pour les décors et les lumières, et on peut le voir dès le premier plan, la nature verdoyante se fait avaler par un désert brûlant, je voulais que les décors soient légèrement différents de ceux de la Terre, pour conserver un coté fantastique et irréel, mais conservant malgré tout une ressemblance qui s’explique à la toute fin du film.
J’ai donc dû créer des identités visuelles pour les personnages et les décors, afin de comprendre les situations sans avoir à tout expliquer, puis j’ai essayé de conserver un esprit "manga" à l’histoire, à l’univers, en trouvant des acteurs japonais pour les doublages, en faisant l’usage de Kanjis dans les titrages, etc...
 
 
 
 
PREPARATION DE TOURNAGE
 
     
 
Quelle a été la première étape une fois l'écriture terminée ?
 
 
La mise en scène, le découpage des plans et un résumé du nombre de personnages, de décors, et d’objets différents pour le début du processus de 3D.
 
     
 
Quelques anecdotes à nous raconter à propos de la préparation ?
 
 
Je voulais à tout prix une voix étrangère, asiatique de préférence, et japonaise si possible. Le hasard a voulu qu’une étudiante prénommé Murayama Miwa emménage dans l’appartement à coté du mien. Coup de bol, ma voisine de palier parlait français et japonais et avec une voix très douce pour couronner le tout.
 
 
 
 
TOURNAGE
 
     
 
Quelle est ta méthode de travail ? Qui fait quoi ?
 
 
Toute la préparation se fait en groupe. Pour la recherche graphique seulement quelques uns participent, mais les décisions sont prises démocratiquement et je fais le concept final. Ensuite, tout le monde modélise en 3D les différents objets, les personnages, qui me sont ensuite donnés pour être texturés, et donnés à un animateur pour être préparés à l’animation (character setup). Les animateurs font ensuite leur travail, puis je récupère les scènes pour les éclairer et les calculer, c’est de l’image par image. Puis au fur et à mesure nous intégrons à deux les différents éléments des plans, peintures numériques, objets 3D, personnages, qui sont ensuite animés pour donner un effet de 3D. Viennent ensuite la colorimétrie, les tremblements de caméra et tous les effets pour finaliser un plan. Il y en a 90 sur "Le chant du cygne" et nous n’étions que six.
Les séquences une fois montées, sont envoyées aux deux sonorisateurs avec des instructions, et le film prend vie peu à peu
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Combien de temps s'est-il écoulé entre le premier et le dernier clap ?
 
 
Pas de clap dans un film d’animation, mais six mois de travail sur nos ordinateurs, précédés par trois mois de recherches, d’écriture, de mise en scène, de dessins préparatoires
 
     
 
Quelques anecdotes à nous raconter à propos du tournage ?
 
 
Je crois pouvoir dire que sur environ 200 jours de production, nous sommes plusieurs à avoir fait au moins 50 nuits blanches.
 
     
 
Un coup d’œil sur le matériel utilisé ?
 
 
Nous avions chacun notre ordinateur personnel, des bonnes machines connectées en réseau, puis nous avions à disposition une "render farm" comprenez des calculateurs d’images, de l’école. Pour le son, des ordinateurs personnels, une console personnelle, et un studio de mixage 5.1 tout équipé à l’école.
Maya 7.0, Photoshop CS, Combustion 3.0 et Media Studio pro pour les logiciels d’images
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AU FINAL
 
     
 
Quelle sont les étapes que tu as aimées le plus dans cette aventure ? Pourquoi ?
 
 
L’idée d’utiliser des fonds en 2D m’a permis de manipuler des outils de production qui m’ont ouvert de nouvelles perspectives, et c’est la création de ces décors qui m’a le plus attirée. Mais je dois avouer que c’est l’étape où le son s’est greffé aux images et où le film a pris une dimension plus "finale" qui m’a le plus fait vibrer.
 
     
 
Si tu pouvais revenir en arrière, que modifierais-tu sur ton film ?
 
 
Le scénario et le découpage.
 
     
 
Penses-tu avoir atteint ton but sur ce film ?
 
 
Personnellement je suis satisfait de l’aspect visuel des choses, et c’est le coté sur lequel j’ai le plus travaillé. Je pense donc avoir en grande partie atteint le but recherché. Avec le recul, j’aurais aimé une plus grande diversité des décors, et une plus grande complexité dans la ville où ont lieu les combats finaux. Pour ce qui est de l’animation, j’émets certaines réserves, mais je respecte le travail des animateurs ; je n’aurais pas pu faire aussi bien.
 
     
 
As-tu des projets en cours actuellement ? Peux-tu en parler ?
 
 
Je suis au chômage. Mais je travaille dans mon coin sur un projet de roman-photo-montage, sur une série d’illustrations, et bientôt sur un autre court, plus visuel, moins animé, mais sans financements c’est compliqué.
Pour ceux que mon travail intéresse, visitez "www.lekargo.com" vous y trouverez mes travaux ainsi que les liens vers les sites des autres infographistes ayant travaillé sur "Le chant du cygne"
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