Je m'appelle Judicaël.
J'ai 26 ans. J'habite à Poitiers. Pendant mes
études d'Arts du Spectacle, j'ai commencé à
participer à des tournages à différents postes.
Après un stage en tant qu'assistant monteur sur
un film indépendant à Paris, je suis revenu à
Poitiers. J'ai alors développé des projets dans
l'audiovisuel. Tout d'abord, celui d'une
association, VideoTrack, que j'ai créé avec un
ami. Ensuite, la réalisation de ce film.
Aujourd'hui, je continue à réaliser des films
musicaux au sein de l'association et je joue
dans un groupe folk (Meringue, Alcohol and Us,
en écoute sur myspace.com/meringuealcoholandus).
ORIGINE DU FILM
D'où t'est venue l'idée de te lancer dans la
production de ce film ?
Simplement en voyageant en
voiture. Je me suis rendu compte que je ne
trouvais jamais de station de radio
correspondant à mes goûts musicaux. C'est ainsi
que j'ai imaginé cette histoire.
As-tu connu le syndrome de la page blanche ?
Non, car le scénario n'est
pas très long, à peine quelques pages. Il y a
surtout de la description. L'histoire, je
l'avais en tête dans son ensemble avant le début
de la rédaction.
Ton but artistique dans ce
court ?
J'avais pour intention de réaliser un film très
lent, qui mette le spectateur dans le même état
que les personnages, tout en gardant une
distance assez grande pour que le spectateur
s'interroge sur le but de ce voyage avant le
dénouement. Qu'il y ait un léger suspense.
PREPARATION DE TOURNAGE
Quelle a été la première étape une fois
l'écriture terminée ?
J'ai passé de nombreux
coups de fil pour trouver une Cadillac. C'est un
élément important dans le périple des
personnages. Je n'aurais pas développé le projet
plus longtemps sans la possibilité de l'avoir
pour le tournage.
As-tu prévu un budget pour réaliser ton film ?
Si oui de combien était-il ?
Non,
je n'avais pas de budget mais quelques économies
qui passeraient dans la régie et la location de
la Cadillac.
Combien de temps a été nécessaire à la
préparation en vue du tournage ?
Disons
deux semaines en cumulant.
As-tu écrit librement ou en fonction des lieux
et des décors disponibles ?
As-tu eu recours à des autorisations de
tournage ? Relate-nous un peu les contraintes
s’il y’en a eu ?
J'ai
écrit librement, ensuite j'ai fait des repérages
et modifié un peu le scénario en fonction des
lieux que j'avais trouvés. Par exemple, cette
pile de bottes de foin. Je l'ai vue depuis la
route. Je suis descendu dans la carrière et la
route s'est avérée parfaite pour le tournage.
Elle menait à une carrière. Nous avons tourné un
dimanche matin pour ne pas être dérangés par le
passage de camion.
Il aurait fallu demander une autorisation de
tournage car c'était un lieu privé. Nous ne
l'avons pas fait pour la carrière. Cependant,
pour la première scène, nous avons tourné sur le
toit d'un parking municipal pour lequel nous
avons demandé l'autorisation. L'accès au toit
était bloqué pour nous de 5h à 10h du matin.
TOURNAGE
Le tournage s'est il déroulé comme tu le
souhaitais, si non, quels problèmes as tu
rencontrés ?
Dans
l'ensemble, le tournage s'est bien passé. Nous
avons eu de la chance avec le soleil. Tellement
qu'après le tournage il ne pleuvait plus. Il a
fallu attendre trois mois pour les prises de vue
sous la pluie.
Combien de temps s'est-il écoulé entre le
premier et le dernier clap ?
Trois
mois.
As-tu pu filmer tout ce que tu avais écrit ou y
a-t-il eu des scènes coupées ? Si oui, peux-tu
nous en parler ?
J'ai
filmé tout ce que je voulais. Les scènes coupées
au montage sont au nombre de deux. Les deux dans
lesquelles les personnages se présentent et se
racontent un peu. Au montage, ces scènes sont
devenues inutiles. Elles n'aidaient en rien
l'intrigue. Au contraire, le fait de savoir d'où
venaient les personnages supprimait du mystère.
Quelques anecdotes à nous raconter à propos du
tournage ?
Celle
qui me vient dans l'immédiat est à propos du
possesseur de la Cadillac. Il nous faisait
confiance mais quand il a fallu que les acteurs
la conduisent, il était allongé sur la banquette
arrière pour ne pas les laisser partir seuls.
Un coup d’œil sur le matériel utilisé ?
On a
utilisé une caméra Panasonic AGDVX100BE et des
micros Sennheiser.
MONTAGE
Penses-tu qu'un film se construit au montage ?
Oui,
complètement. Tout peut être modifié à ce stade.
L'histoire, le rythme, le style.
As-tu
été déçu par certains plans que tu croyais
corrects lors du tournage ?
Celui
qui m'a le plus déçu est le plan de la voiture
sous la pluie. Cependant, comme on attendait la
pluie depuis trois mois, on a improvisé en
s'appelant quand il s'est mis à pleuvoir. Le
temps de préparation fût donc quasiment nul.
AU FINAL
Quelle sont les étapes que
tu as aimées le plus dans cette aventure ?
Pourquoi ?
J'ai un petit faible pour
les repérages et les rencontres autour de
ceux-ci. Celle de l'homme à la Cadillac qui nous
a beaucoup aidés. Des personnes dans une mairie
d'un petit village dont j'ai oublié le nom. Ils
nous ont montré les cadastres et puis nous ont
accompagné dans les champs.
Si tu pouvais revenir en arrière, que
modifierais-tu sur ton film ?
Les
plans sur les figurants dans la dernière scène.
Étant pris par le temps, ils ont été faits trop
vite et ont dû être ralentis au montage. Cela ne
donne pas le même effet.
Et, pour l'arrivée de la Cadillac, il y aurait
dû y avoir un nuage de fumée derrière la
voiture. A cause de l'orage et de la nuit, le
sable ne s'est pas soulevé le matin du tournage.
Penses-tu avoir atteint ton but sur ce film ?
Dans
l'ensemble, oui. Mais ce n'est pas facile à dire
car je ne serai jamais spectateur de celui-ci.
As-tu des projets en cours actuellement ?
Peux-tu en parler ?
J'ai
un scénario de court-métrage qui est terminé. Si
tout va bien, le tournage aura lieu cet été.
C'est à nouveau une errance. Mais cette fois,
les personnages se rencontrent sur les routes.
C'est un univers plus étrange et le scénario
contient beaucoup de dialogues cette fois.