Alban Periaut [Interview]
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  [Interview du 23 Février 2006]
             
   
             
   
             
 
 

PRESENTATION

 
     
 
Je suis de l’ouest de la France. Les Sables d’Olonne plus exactement. Mais je suis vite parti pour Nantes où j’ai pu faire mes deux années d’études de cinéma à l’école Cinécréatis. A 25ans, je travaille actuellement sur Paris, toujours dans l’audiovisuel. Je me revendique monteur mais je compte bien reprendre le poste de réalisateur sur un nouveau court-métrage.
 
 
 
 

ORIGINE DU FILM

 
     
 
D'où t'est venue l'idée de te lancer dans la production de ce film ?
 
 
C’est en fait mon ami et collègue de classe Vincent Timmerman qui m’a proposé de co-réaliser. Il a apporté l’idée qui a été sélectionnée par l’école durant nos études. A partir de là, il m’a demandé de ré-écrire le scénario en gardant la trame.
 
     
 
Quelques anecdotes à nous raconter à propos de l'écriture ?
 
 
A vrai dire, on était tellement emballés à l’idée de faire ce court que des tas d’idées sont passées à la trappe. Faute de temps (le court devait faire grand max 10’, on a réussi à en gratter 2 de plus), nous avons dû retirer toute une phase de test où le héros s’en donnait à cœur joie sur les passants ou son patron. Quant à la sacoche pleine d’argent, il y avait une scène qui justifiait son vol.
 
     
 
As-tu connu le syndrome de la page blanche ?
 
 
Non, étant deux, nous pouvions facilement rebondir sur nos idées.
 
     
 
Ton but artistique dans ce court ?
 
 
Je souhaitais apporter une certaine sensibilité quant à la relation entre Jérôme et Blandine. J’étais alors certain que le sujet toucherait plus. Quant à la télécommande, c’était un bon moyen de s’entraîner au montage et au compositing.
 
 
 
 
PREPARATION DE TOURNAGE
 
     
 
Quelle a été la première étape une fois l'écriture terminée ?
 
 
Nous nous sommes occupés de demander les droits de tournage et de construction (notamment pour l’ascenseur), car un ascenseur modulable était nécessaire pour les différentes prises de vue et l’éclairage.
 
     
 
As-tu prévu un budget pour réaliser ton film ? Si oui de combien était-il ?
 
 
Nous n’avions pas de budget. Néanmoins, l’équipe s’est réunie afin d’apporter les fonds nécessaires à la construction du module.
 
     
 
Combien de temps a été nécessaire à la préparation en vue du tournage ?
 
 
Un mois environ, mais là encore le projet d’écriture a débuté bien en amont. Nous étions donc bien préparés.
 
     
 
As-tu écrit pour des gens que tu connaissais ou as-tu fait un casting ?
 
 
Nous avons fait un casting mais le patron de café était écrit pour Gérard Deville. C’est un acteur qui travaille souvent avec les élèves de l’école. Il a travaillé sur des longs et des courts-métrages ainsi que dans des fictions pour la télé. Gérard nous a « tapé dans l’œil » lors de projection de courts où il excellait.
 
     
 
As-tu travaillé certaines scènes avec les acteurs avant le tournage. Si oui, lesquelles ?
 
 
Oui, bien entendu, quelle perte de temps sinon ! C’est dans la répétition que le dialogue se construit, pas sur le scénario ! Du moins c’est comme ça que je travaille. Nous avons donc répété les scènes de l’ascenseur et du bar pendant une semaine.
 
     
 
As-tu écrit librement ou en fonction des lieux et des décors disponibles ? As-tu eu recours à des autorisations de tournage ? Relate-nous un peu les contraintes s’il y’en a eu ?
 
 
Pour les décors, nous étions limités car la ville de Nantes ne lâche pas d’autorisations à tout le monde. Nous nous sommes néanmoins permis quelques débordements. Pour l’ascenseur, l’école a tout de suite accepté si le tournage ne gênait pas les cours. Pour le bar, Vincent Timmerman y travaillait, ça aide.
 
     
 
Quelques anecdotes à nous raconter à propos de la préparation ?
 
 
Le doute ! Rien n’est plus agaçant que de douter quelques jours avant le tournage. Je me rappelle que les avis, avant même d’avoir tourné, n’était pas très encourageants de la part de l’école. Mais là encore, quand on est deux, il y en a toujours un pour te remonter le moral. Nous sommes alors partis dans l’idée de ne plus rien prendre en compte de la part de l’école. Tout les avis ou les conseils nous passaient au-dessus de la tête. Le but était alors de réaliser « notre » vision.
 
 
 
 
TOURNAGE
 
     
 
Le tournage s'est il déroulé comme tu le souhaitais, si non, quels problèmes as tu rencontrés ?
 
 
Nous manquions de temps. Je souhaitais obtenir plus de temps pour tourner moins rapidement. Sinon, j’estime avoir trop privilégié la technique et pas assez le jeu d’acteur. Je m’en mord les doigts encore aujourd’hui. Mais bon, ça sert de leçon !
 
     
 
Quelle est ta méthode de travail ? Qui fait quoi ?
 
 
Sur ce premier court, je n’ai pas eu de méthodes, c’était à l’instinct. Nous n’avions eu que peu de court de réalisation, or, durant le tournage, Marc Grandsard (professeur et conseiller à la mise en scène) m’a quand même beaucoup appuyé. Il m’a donné quelques conseils qui me serviront pour le prochain, et je lui en remercie.
 
     
 
Combien de temps s'est-il écoulé entre le premier et le dernier clap ?
 
 
Une semaine exactement.
 
     
 
As-tu pu filmer tout ce que tu avais écrit ou y a-t-il eu des scènes coupées ? Si oui, peux-tu nous en parler ?
 
 
Tout ce qui est sur le scénario définitif a été tourné. Après, au montage, j’ai dû retirer quelques scènes clés.
 
     
 
Quelques anecdotes à nous raconter à propos du tournage ?
 
 
Eh bien, je tiens à préciser que je ne suis pas complètement nu sous la table ! Lol, et quoiqu’on en pense, tourner une scène de nu n’est absolument pas un plaisir ! (une équipe réduite s’impose d’ailleurs à ce sujet…) Quant au pauvre Daniel Camus (Jérôme), il a vraiment subi toute les claques que l’on voit à l’écran (et on ne les voit pas toutes, il y a un bêtisier à ce sujet sur le site du film). Du coup, plus besoin de maquillage pour la scène finale, il avait vraiment la joue rouge et je tiens à préciser que ce n’était pas une décision de l’auteur de ces lignes, mais bien de Daniel !
 
     
 
Un coup d’œil sur le matériel utilisé ?
 
 
Caméra Panasonic X100, DAT, micro SCHEINEIZER, 6KW de lumière, montage sur Final Cut Pro 4.
 
 
 
 
MONTAGE
 
     
 
Penses-tu qu'un film se construit au montage ?
 
 
Non, je pense qu’un film se construit au scénario. S’il est construit au montage, c’est que le scénario n’était pas abouti. Mais malgré tout, il est vrai qu’on prend l’habitude de tourner plus de plans afin de remédier au problème de raccord et de logique au montage.
 
     
 
As-tu été déçu par certains plans que tu croyais corrects lors du tournage ?
 
 
Non, mais j’ai été déçu par notre limitation quant aux dialogues. Je me suis rendu compte à quel point le dialogue est important dans une scène. Il donne le rythme et le ton à la scène et nous l’avons trop négligé au moment des répétitions.
 
 
 
 
AU FINAL
 
     
 
Quelle sont les étapes que tu as aimées le plus dans cette aventure ? Pourquoi ?
 
 
Le montage avant tout. Les jours de tournages où toute l’équipe se comprenait, car rien n’est plus jouissif que lorsque vous vous rendez compte qu’il se passe quelque chose entre les acteurs. L’entente est si forte qu’elle transpire à l’écran. J’avoue avoir eu un grand plaisir à tourner avec mes acteurs, vraiment !
 
     
 
Si tu pouvais revenir en arrière, que modifierais-tu sur ton film ?
 
 
Je n’y pense plus maintenant. Il a été suffisamment modifié durant l’année qui a suivi son tournage. J’ai déjà réduit sa durée au montage, ré-étalonné le métrage en entier et ajouté quelques éléments sonores afin d’appuyer l’effet de la télécommande.
 
     
 
Penses-tu avoir atteint ton but sur ce film ?
 
 
Oui, modestement, je pense avoir touché le spectateur, d’après les avis reçus.
 
     
 
As-tu gagné des 'prix' avec ce film ? Si oui, lesquels ?
 
 
Non, le film a participé à deux festivals pour l’instant et a reçu un bon accueil du public.
 
     
 
As-tu des projets en cours actuellement ? Peux-tu en parler ?
 
 
J’ai deux projets en cours. Il s’agit de courts-métrages que je compte bien mettre en oeuvre d’ici deux ans maximum.