Je
suis de l’ouest de la France. Les Sables d’Olonne
plus exactement. Mais je suis vite parti pour
Nantes où j’ai pu faire mes deux années d’études
de cinéma à l’école Cinécréatis. A 25ans, je
travaille actuellement sur Paris, toujours dans
l’audiovisuel. Je me revendique monteur mais je
compte bien reprendre le poste de réalisateur
sur un nouveau court-métrage.
ORIGINE DU FILM
D'où t'est venue l'idée de te lancer dans la
production de ce film ?
C’est en fait mon ami et
collègue de classe Vincent Timmerman qui m’a
proposé de co-réaliser. Il a apporté l’idée qui
a été sélectionnée par l’école durant nos
études. A partir de là, il m’a demandé de
ré-écrire le scénario en gardant la trame.
Quelques anecdotes à nous raconter à propos de
l'écriture ?
A vrai
dire, on était tellement emballés à l’idée de
faire ce court que des tas d’idées sont passées
à la trappe. Faute de temps (le court devait
faire grand max 10’, on a réussi à en gratter 2
de plus), nous avons dû retirer toute une phase
de test où le héros s’en donnait à cœur joie sur
les passants ou son patron. Quant à la sacoche
pleine d’argent, il y avait une scène qui
justifiait son vol.
As-tu connu le syndrome de la page blanche ?
Non, étant deux, nous pouvions facilement
rebondir sur nos idées.
Ton but artistique dans ce
court ?
Je souhaitais apporter une certaine sensibilité
quant à la relation entre Jérôme et Blandine.
J’étais alors certain que le sujet toucherait
plus. Quant à la télécommande, c’était un bon
moyen de s’entraîner au montage et au
compositing.
PREPARATION DE TOURNAGE
Quelle a été la première étape une fois
l'écriture terminée ?
Nous nous sommes occupés
de demander les droits de tournage et de
construction (notamment pour l’ascenseur), car
un ascenseur modulable était nécessaire pour les
différentes prises de vue et l’éclairage.
As-tu prévu un budget pour réaliser ton film ?
Si oui de combien était-il ?
Nous
n’avions pas de budget. Néanmoins, l’équipe
s’est réunie afin d’apporter les fonds
nécessaires à la construction du module.
Combien de temps a été nécessaire à la
préparation en vue du tournage ?
Un
mois environ, mais là encore le projet
d’écriture a débuté bien en amont. Nous étions
donc bien préparés.
As-tu écrit pour des gens que tu connaissais ou
as-tu fait un casting ?
Nous
avons fait un casting mais le patron de café
était écrit pour Gérard Deville. C’est un acteur
qui travaille souvent avec les élèves de
l’école. Il a travaillé sur des longs et des
courts-métrages ainsi que dans des fictions pour
la télé. Gérard nous a « tapé dans l’œil » lors
de projection de courts où il excellait.
As-tu travaillé certaines scènes avec les
acteurs avant le tournage. Si oui, lesquelles ?
Oui,
bien entendu, quelle perte de temps sinon !
C’est dans la répétition que le dialogue se
construit, pas sur le scénario ! Du moins c’est
comme ça que je travaille. Nous avons donc
répété les scènes de l’ascenseur et du bar
pendant une semaine.
As-tu écrit librement ou en fonction des lieux
et des décors disponibles ?
As-tu eu recours à des autorisations de
tournage ? Relate-nous un peu les contraintes
s’il y’en a eu ?
Pour les décors, nous
étions limités car la ville de Nantes ne lâche
pas d’autorisations à tout le monde. Nous nous
sommes néanmoins permis quelques débordements.
Pour l’ascenseur, l’école a tout de suite
accepté si le tournage ne gênait pas les cours.
Pour le bar, Vincent Timmerman y travaillait, ça
aide.
Quelques anecdotes
à nous raconter à propos de la préparation ?
Le
doute ! Rien n’est plus agaçant que de douter
quelques jours avant le tournage. Je me rappelle
que les avis, avant même d’avoir tourné, n’était
pas très encourageants de la part de l’école.
Mais là encore, quand on est deux, il y en a
toujours un pour te remonter le moral. Nous
sommes alors partis dans l’idée de ne plus rien
prendre en compte de la part de l’école. Tout
les avis ou les conseils nous passaient
au-dessus de la tête. Le but était alors de
réaliser « notre » vision.
TOURNAGE
Le tournage s'est il déroulé comme tu le
souhaitais, si non, quels problèmes as tu
rencontrés ?
Nous
manquions de temps. Je souhaitais obtenir plus
de temps pour tourner moins rapidement. Sinon,
j’estime avoir trop privilégié la technique et
pas assez le jeu d’acteur. Je m’en mord les
doigts encore aujourd’hui. Mais bon, ça sert de
leçon !
Quelle est ta méthode de travail ? Qui fait quoi
?
Sur ce
premier court, je n’ai pas eu de méthodes,
c’était à l’instinct. Nous n’avions eu que peu
de court de réalisation, or, durant le tournage,
Marc Grandsard (professeur et conseiller à la
mise en scène) m’a quand même beaucoup appuyé.
Il m’a donné quelques conseils qui me serviront
pour le prochain, et je lui en remercie.
Combien de temps s'est-il écoulé entre le
premier et le dernier clap ?
Une semaine exactement.
As-tu pu filmer tout ce que tu avais écrit ou y
a-t-il eu des scènes coupées ? Si oui, peux-tu
nous en parler ?
Tout
ce qui est sur le scénario définitif a été
tourné. Après, au montage, j’ai dû retirer
quelques scènes clés.
Quelques anecdotes à nous raconter à propos du
tournage ?
Eh
bien, je tiens à préciser que je ne suis pas
complètement nu sous la table ! Lol, et
quoiqu’on en pense, tourner une scène de nu
n’est absolument pas un plaisir ! (une équipe
réduite s’impose d’ailleurs à ce sujet…) Quant
au pauvre Daniel Camus (Jérôme), il a vraiment
subi toute les claques que l’on voit à l’écran
(et on ne les voit pas toutes, il y a un
bêtisier à ce sujet sur le site du film). Du
coup, plus besoin de maquillage pour la scène
finale, il avait vraiment la joue rouge et je
tiens à préciser que ce n’était pas une décision
de l’auteur de ces lignes, mais bien de Daniel !
Un coup d’œil sur le matériel utilisé ?
Caméra
Panasonic X100, DAT, micro SCHEINEIZER, 6KW de
lumière, montage sur Final Cut Pro 4.
MONTAGE
Penses-tu qu'un film se construit au montage ?
Non,
je pense qu’un film se construit au scénario.
S’il est construit au montage, c’est que le
scénario n’était pas abouti. Mais malgré tout,
il est vrai qu’on prend l’habitude de tourner
plus de plans afin de remédier au problème de
raccord et de logique au montage.
As-tu
été déçu par certains plans que tu croyais
corrects lors du tournage ?
Non,
mais j’ai été déçu par notre limitation quant
aux dialogues. Je me suis rendu compte à quel
point le dialogue est important dans une scène.
Il donne le rythme et le ton à la scène et nous
l’avons trop négligé au moment des répétitions.
AU FINAL
Quelle sont les étapes que
tu as aimées le plus dans cette aventure ?
Pourquoi ?
Le montage avant tout. Les
jours de tournages où toute l’équipe se
comprenait, car rien n’est plus jouissif que
lorsque vous vous rendez compte qu’il se passe
quelque chose entre les acteurs. L’entente est
si forte qu’elle transpire à l’écran. J’avoue
avoir eu un grand plaisir à tourner avec mes
acteurs, vraiment !
Si tu pouvais revenir en arrière, que
modifierais-tu sur ton film ?
Je n’y
pense plus maintenant. Il a été suffisamment
modifié durant l’année qui a suivi son tournage.
J’ai déjà réduit sa durée au montage,
ré-étalonné le métrage en entier et ajouté
quelques éléments sonores afin d’appuyer l’effet
de la télécommande.
Penses-tu avoir atteint ton but sur ce film ?
Oui,
modestement, je pense avoir touché le
spectateur, d’après les avis reçus.
As-tu gagné des 'prix' avec ce film ? Si oui,
lesquels ?
Non, le film a participé à
deux festivals pour l’instant et a reçu un bon
accueil du public.
As-tu des projets en cours actuellement ?
Peux-tu en parler ?
J’ai deux projets en
cours. Il s’agit de courts-métrages que je
compte bien mettre en oeuvre d’ici deux ans
maximum.